Portrait d'une exploitation sédentaire en Occitanie

Publié le 15/02/2026

Technico-économie

Connaissez-vous le fonctionnement et les stratégies des exploitations qui transhument très peu leurs ruches ? L’ITSAP-Institut de l’abeille et l’ADA Occitanie vous présentent dans ce portrait les particularités d’une de ces exploitations qui sont en minorité dans le sud de la France. Cet article décrit une exploitation essentiellement sédentaire et diversifiée, intégrant la transformation de miel et de propolis. Son objectif est de comprendre le fonctionnement d’un système d’exploitation viable et reproductible, dont les choix et les pratiques sont cohérents dans un contexte défini.

Organisation et circuits de commercialisation

Le système décrit ici repose sur l’observation d’une exploitation auditée entre 2019 et 2023. Il s’appuie à la fois sur les données du Réseau d’exploitations apicoles de référence (RER), valorisées par notre Institut, qui anime ce Réseau, ainsi que sur l’expertise de terrain de l’ADA Occitanie.

L’exploitation à grands traits

L’exploitation présentée est un GAEC familial avec deux exploitants. Elle produit du miel, du pollen et de la propolis en agriculture biologique et transforme la propolis ainsi qu’une partie du miel produit. La production de miel se fait majoritairement sur des emplacements sédentaires. Les apiculteurs visent 3 à 6 miellées, comme celles de : fleurs de printemps, fleurs d’été, acacia, châtaignier ou forêt, tilleul et montagne. Au total, 6,7 tonnes de miel sont produites en moyenne chaque année, parmi lesquelles 300 kg sont transformées en pains d’épices, nougat, caramel au miel et pâtes à tartiner. 2 kg de propolis de grattage de hausses sont produits et transformés en alcoolat de propolis et en préparation de miel et de propolis. Enfin, 20 kg de pollen sont récoltés chaque année au cours de la miellée de châtaignier.

Concernant la commercialisation, le miel est vendu à près de 60 % en demi-gros et 40 % en direct. Les produits transformés ainsi que le pollen sont essentiellement vendus en direct sur les marchés et dans des boutiques de producteurs. Les apiculteurs assurent 2 marchés hebdomadaires.

La charge de travail nécessaire pour maintenir cette exploitation vendant en direct et en demi-gros se répartit toute l’année avec deux périodes plus intenses en avril-mai, puis en juillet-août. Chaque exploitant a des missions bien définies, l’un s’occupe de la gestion du cheptel apicole, de la production et de l’extraction, et l’autre s’occupe de la transformation, du conditionnement et de la commercialisation.

L'exploitation en chiffres

Indicateurs techniques

•Rendement en miel : 14,9 kg / colonie hivernée

•Production : 6,7 tonnes de miel

•11 emplacements sédentaires et 3 emplacements de transhumance

•20% du miel est produit sur des emplacements de transhumance

•Nourrissement : environ 12 kg équivalent sucre par colonie hivernée

•Traitement contre Varroa : un traitement médicamenteux à l’acide formique ou à l’acide oxalique est réalisé après la dernière récolte et courant septembre, renforcé par un traitement à l’acide oxalique en hiver.

•Taux de pertes hivernales : 12,5 % (variable)

•Taux de pertes en saison : 10 % (variable) ##### Indicateurs écnomiques (hors taxe)

•Produit brut (hors éventuelles subventions d’exploitation) : 97 650 € (soit 218 € / colonie hivernée)

•Les produits transformés représentent 13 % du produit brut

•Charges totales : 60 000 € (soit 133,3 € / colonie hivernée)

•Excédent Brut d’Exploitation : 47 600 €

•Résultat courant : 37 650 €

La version complète est accessible au prix de 10 € TTC (frais de port inclus), sous format papier uniquement, auprès des ADA, du GPGR et de l’ITSAP.

Remerciements

Nous remercions l’ADA Occitanie pour son engagement et son expertise ainsi que les apiculteurs qui ont accepté de donner de leur temps pour aider la filière à acquérir des données de références sur le fonctionnement des exploitations apicoles professionnelles.

En savoir plus sur les portraits

Rédaction article : Constance Beri

Contact : constance.beri(a)itsap.asso.fr et cecile.ferrus(a)itsap.asso.fr

Lexique

Équivalent sucre : les produits distribués pour le nourrissement glucidique des colonies n’ont pas tous des concentrations en sucres équivalentes. Un taux de conversion est utilisé pour obtenir une quantité en « kg équivalent sucre ». Il correspond au taux de concentration en sucre du produit.

Produit brut : valeur des productions vendues ou stockées et des éventuelles subventions d’exploitation.

Excédent brut d’exploitation (EBE) : différence entre le produit brut et les charges, hors amortissements et frais financiers.

Résultat courant : indicateur de la rentabilité économique. Il est obtenu à partir de l’EBE auquel sont soustraits les amortissements et les frais financiers (frais financiers non pris en compte ici).

Résultat disponible : à partir de l’EBE, on retire les annuités des emprunts à long et moyen terme ainsi que les charges financières (les frais financiers à court terme et les agios). Il correspond à la somme disponible pour les prélèvements privés, les salaires notamment, et pour le développement de l’exploitation (l’autofinancement).

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