Production de miel en 2024

Publié le 21/07/2025

Technico-économie

Les résultats de l’enquête

En 2024, le réseau constitué par les ADA et l’ITSAP-Institut de l’abeille a diffusé pour la troisième fois, une enquête auprès de ses adhérents pour mieux connaître les miels et les rendements produits par les apiculteurs. On y apprend que les rendements moyens diminuent de près de 40 % par rapport à 2023, que la miellée de lavande a enregistré les rendements les plus importants même si les rendements de toutes les miellées sont en régression si l’on compare avec l’année 2023, sauf la miellée de tournesol. Et ce, grâce à la participation de plus de 700 apiculteurs et apicultrices !

Figure 1 : Une majorité de répondants possèdent entre 150 et 400 colonies hivernées

Un nombre de répondants en augmentation !

715 apiculteurs et apicultrices ont répondu à l’enquête production en 2024, contre 644 en 2023. Par rapport à l’année précédente, la proportion de chaque catégorie de détenteur de ruches reste similaire. En 2024, 22 % des détenteurs de ruches ont moins de 50 colonies hivernées et 557 possèdent plus de 50 colonies hivernées. Parmi ces derniers, 21 % avaient hiverné entre 50 et 149 colonies, 38 % entre 150 et 399 colonies et enfin, 18 % en avaient hiverné plus de 400.

Figure 2 : Deux régions phares en termes de nombre de répondants, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie

Plus d’un tiers des répondants à l’enquête viennent des régions Auvergne-Rhône-Alpes (AURA) et Occitanie, totalisant 34 % des retours. 40 % des répondants viennent des régions Nouvelle- Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bretagne et Bourgogne-Franche-Comté. Les 6 autres régions représentent le quart restant.

Figure 3 : La confection de produits transformés en tête sur les autres produits de la ruche, après le miel

Parmi les apiculteurs et apicultrices ayant répondu à l’enquête production en 2024, la majorité d’entre eux a déclaré produire du miel (97 %), 30 % proposent également des produits transformés, 25 % des produits d’élevage, 23 % produisent du pollen ou de la propolis, 22 % de la propolis, 14 % de la cire, 9 % réalisent des prestations de pollinisation et 8 % produisent de la gelée royale.

Et qu’en est-il pour les plus de 50 colonies hivernées ?

Parmi les 557 apiculteurs et apicultrices ayant hiverné plus de 50 colonies à l’hiver 2023, 195, soit 35 % de l’échantillon, sont en Bio ou en conversion vers l’apiculture biologique (cela concerne 15 exploitations).

L’Auvergne-Rhône-Alpes, première région en répondants de plus de 50 colonies hivernées

Au sein des apiculteurs de plus de 50 colonies hivernées en 2022, la première région en termes de répondants est là aussi la région AURA, avec 20% des répondants, soit 113 apiculteurs.

Viennent ensuite les régions Occitanie, PACA et Nouvelle-Aquitaine avec respectivement 13 %, 12 % et 10 % des répondants.

Figure 4 : Quatre grandes régions de la moitié sud se partagent plus de la moitié des répondants de plus de 50 colonies hivernées

Figure 5 : certaines exploitations se spécialisent dans d’autres productions que le miel

Les produits transformés, deuxième sur le podium des produits vendus, après le miel

Parmi les 557 apiculteurs de plus de 50 colonies hivernées, 99 % produisent du miel pour la vente. Les 7 exploitations qui ne commercialisent pas de miel, sont soit des exploitations spécialisées dans la production de gelée royale, soit des exploitations spécialisées dans la vente de produits d’élevage, pour respectivement 5 et 2 exploitations. 151 exploitations (27 % des répondants) ne produisent que du miel.

Au sein des 60 producteurs de gelée royale, 62 % sont sous label Gelée Royale Française (GRF), 57 % sont en bio et 59 % des apiculteurs sous label GRF sont également en bio.

Pour plus d’informations sur les résultats de cette enquête concernant la gelée royale, consultez cet article.

55 % des répondants vendent au moins la moitié de leur miel en direct

Les apiculteurs de moins de 50 colonies hivernées en 2022 commercialisent majoritairement leur miel en direct, même si certains pratiquent également la vente en demi-gros et en gros.

Parmi les apiculteurs de plus de 50 colonies hivernées, cette tendance se maintient également et est en légère augmentation par rapport à l’année 2023. 452 apiculteurs, soit 91 % des 494 répondants, déclarent vendre une partie de leur miel en direct, 270 apiculteurs (55 % des répondants) vendent 50 % de leur miel ou plus, en direct, et 107 (22 % des répondants) déclarent vendre uniquement en direct.

Pour les autres circuits de commercialisation, 13 apiculteurs vendent uniquement en demi-gros et 23 (5 %) ne vendent qu’en gros. On peut noter une légère diminution de la vente en gros à 100 % et une légère augmentation de la vente 100 % en demi-gros par rapport à notre échantillon de 2023.

La majorité des exploitations utilisent les 3 circuits de commercialisation pour leur miel, mais dans des proportions différentes selon qu’elles vendent en direct, en demi-gros ou en gros. 239 apiculteurs (48 % des répondants) vendent leur miel en direct et en demi-gros. 29 apiculteurs (6 % des répondants) font de la vente en direct et en gros. Et seulement 6 apiculteurs font de la vente en demi-gros et en gros. Enfin, 32 apiculteurs (6 % des répondants) utilisent les 3 circuits de commercialisation pour vendre leur miel.

Figure 6 : diminution de la vente en gros comme principal circuit de commercialisation

Tableau 1 : Des rendements moyens en nette diminution par rapport à 2023

Une baisse de rendements moyens de 38 % à l’échelle nationale

Les régions les plus touchées par la baisse de rendements sont : les Hauts-de-France (-62 %) la Bourgogne-Franche-Comté (-59 %), le Grand-Est (-56 %) et la région Île-de-France (-54 %), qui perdent plus de 50% de leur rendement moyen par rapport à l’année 2023.

En moyenne, toutes les régions ont connu une baisse de rendements, sauf la région Occitanie qui voit ses rendements augmenter de 13% par rapport à l’année 2023, qui était une très mauvaise année pour cette région.

Les rendements nationaux moyens sont de 16,5 kg par colonie mise en production, alors qu’ils étaient à 26,7 kg par colonie en production en 2023. Les rendements moyens vont de 10,8 kg/colonie en production, en Bretagne, à 24,2 kg/colonie en production dans la région Centre-Val de Loire.

Près de la moitié des régions de l'Hexagone ont des rendements moyens inférieurs à la moyenne nationale : la Bretagne avec 10,8 kg/colonie en production, la Corse, avec 12,3 kg/colonie, la région Île-de-France, avec 14,2 kg/colonie, la région PACA, avec 15,2 kg/colonie, la région AURA, avec 15,3 kg/colonie en production et la région Pays de la Loire avec 16,3 kg/colonie.

Pour autant, les rendements minimums observés sont de 1kg/colonie mise en production en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Les rendements maximums sont obtenus en région Centre-Val de Loire avec 63,6 kg/colonie en production.

Ces résultats sont bien entendu à mettre en regard du nombre de répondants par région.

Le tournesol, seule miellée où les rendements ont augmentés

L’année 2024 a connu de fortes pertes de rendement par rapport à 2023. Les rendements sur sapin étaient en moyenne de 2,5 kg par colonie en production, alors qu’ils étaient à 16,8 kg/colonie en production en 2023. Le même constat est observé sur la miellée d’acacia, avec des rendements moyens de 2,6 kg/colonie en production, contre 8,7 kg en 2023.

La miellée dont les rendements sont les plus importants à l’échelle nationale, est celle de lavande (15,4 kg/colonie en production), tirée par les rendements obtenus dans le centre-ouest de la France (de 32 à 50 kg/colonie en production en moyenne), contrairement à la région PACA, pour laquelle le miel de lavande représente plus de la moitié des volumes de miel produits dans la région, et qui observe les plus bas rendements, avec un peu moins de 10 kg par colonie en production.

La miellée de tilleul, qui avait obtenu de très bons rendements en 2023 a perdu 43 % en rendement moyen, avec une moyenne de 10,6 kg produit par colonie.

Seule la miellée de tournesol a connu une augmentation dans ses rendements, avec une moyenne de 12,6 kg produit par colonie, soit 9 % de plus qu’en 2023.

Tableau 2 : Châtaignier et fleurs de printemps, les deux miellées produites sur l’ensemble des régions de l’hexagone

Le miel d’été, le plus largement produit sur la quasi-totalité des régions

Après le printemps pluvieux de l’année 2024, les miellées qui ont permis de produire le plus de volumes de miel sont les miellées d’été.

Le miel toutes fleurs d’été représente plus de 12 % des volumes produits dans 10 des 13 régions de l’Hexagone, et plus de 30 % des volumes produits dans 6 régions.

Figure 7 : Le mauvais temps du printemps 2024 a limité la production de certaines miellées, comme l’acacia, le colza et le miel de printemps

Certaines régions conservent leurs miellées principales en volumes, comme la Bretagne ou les Pays de la Loire, même si les proportions varient. D’autres régions perdent certaines de leurs miellées principales, comme la région Grand Est, pour ne subsistent que les miellées de colza et de miel d’été en 2024. La production d’acacia disparaît de 4 des 5 régions de production en 2024, et ne reste importante qu’en Bourgogne-France-Comté, où elle représente 14 % des volumes de miel produits.

La miellée de maquis de printemps, qui était la miellée principale en Corse en 2023, passe en seconde position derrière la miellée de châtaigneraie, en 2024.

La région Occitanie se distingue en 2024 avec pour ses trois miellées représentant plus de 10% des volumes produits à l’échelle régionale, le buplèvre (23 % des volumes), les fleurs de Causse, pour 17 % des volumes et le miel de thym pour 11 % des volumes. Les miellées de tournesol et de châtaignier qui y étaient majoritaires en 2023, ont très fortement régressé.

La diminution de la production en 2024, due à la diminution des rendements principalement sur les miellées de printemps (acacia, colza, miel de printemps) restreint la variété des miels produits dans certaines régions (Nouvelle-Aquitaine, Normandie, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est), mais permet l’apparition en proportion, de miellées comme en Occitanie, en PACA et en Corse.

La production de miel en 2024 a été très en deçà des attentes. Les apiculteurs de quasiment toutes les régions ont vu leur rendement total diminuer par rapport à l’année 2023. Ils ont été nombreux à déposer des demandes d’Indemnités de Solidarité Nationale (ISN), indemnités qui peuvent être demandées lors de pertes de récoltes dues à un aléa climatique ayant fait l’objet d’une reconnaissance par arrêté du ministre chargé de l’agriculture.

Les pertes de rendements à l’échelle des exploitations s’observent également à l’échelle de chaque miellée, sauf pour la miellée de tournesol, qui a connu une légère augmentation. Par ailleurs, on peut supposer que la crise de la commercialisation du miel a incité les apiculteurs à vendre une plus grande part de leur production en direct.

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Autrice : 

Constance Beri - ITSAP-Institut de l'abeille

Crédit photo : 

ADA Occitanie

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