Retours d’expérience de Caroline, Maiwenn, Pierre, Yasser, Lyssandre, et Agathe

Publié le 12/11/2025

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Ils sont les 6 étudiant.es stagiaires 2025 de l’Itsap. En parcourant leurs témoignages, découvrez les diversité des sujets explorés par l’institut et ses partenaires

Sujet de stage : Perceptions et stratégies d’adaptation des apiculteurs face aux impacts du changement climatique : étude de cas en région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Question 1. Comment votre sujet de stage s’inscrit-il dans votre cursus et qu’est-ce qu’il vous a apporté pour votre formation universitaire, votre futur parcours professionnel ?

Cette expérience s’inscrit pleinement dans une démarche transdisciplinaire et en cohérence avec mon Master qui vise à étudier l’interface entre l’écologie et la sociologie. J’ai ainsi eu une belle opportunité pour mettre en pratique mes acquis théoriques au service de l’apiculture.

C’est également une belle opportunité pour moi d’acquérir une expérience dans le domaine de la recherche, où j’ai pu développer mes compétences méthodologiques. Grâce à ces 6 mois passés au sein de l’Itsap et sur un sujet central de la nouvelle UMT ETTAP, la prospective, j’ai conforté mon souhait de poursuivre avec un doctorat à l'Université d'Avignon pour continuer à explorer les enjeux liés aux changements globaux sur les exploitations apicoles.

Question 2. Qu’avez-vous étudié (objectif), quel est le principal résultat de vos travaux et comment pensez-vous que cela aidera les apiculteurs sur leur exploitation ?

Durant ces six mois, j’ai travaillé sur la perception des apiculteurs et des apicultrices de la région Sud-PACA face au changement climatique, à travers la réalisation d’entretiens semi-directifs. Sujet d’actualité majeur, cette première étude constitue une étape indispensable pour mieux comprendre les enjeux et identifier les principales problématiques rencontrées par les professionnel·les de la région.

Concrètement, l’analyse des discours recueillis a mis en évidence plusieurs préoccupations et incertitudes qui leurs apparaissent liées aux effets du changement climatique. Parmi elles, la dynamique et la disponibilité des ressources florales, l’état sanitaire des colonies, ou encore la durabilité de certaines cultures emblématiques comme la lavande. Des évolutions de pratiques apicoles ont également été évoquées, telles que le nourrissement, la transhumance ou encore la diversification, bien qu’elles présentent parfois certaines limites.

Ces résultats préliminaires constituent une base de réflexion pour soutenir l’adaptation des pratiques apicoles et initier une démarche de recherche-action co-construite avec les acteurs de la filière.

MALLET Caroline  : 

Master 2 Biodiversité Écologie Évolution – Parcours Man and Biosphere ; Université de Toulouse

Sujet stage : Mise au point d’une technique de localisation des nids du frelon à pattes jaunes (Vespa velutina) par l’emploi de la radio-télémétrie embarquée sur drone

Question 1. Comment votre sujet de stage s’inscrit-il dans votre cursus et qu’est-ce qu’il vous a apporté pour votre formation universitaire, votre futur parcours professionnel ?

Cette période de stage à l’Itsap m’a permis de découvrir les problématiques du milieu apicole, assez peu abordées en école d’agronomie.

Le sujet vise à apporter une solution innovante et ciblée d’aide au repérage des nids face à la prédation massive du frelon à pattes jaunes (Vespa velutina) sur l’abeille domestique. Il est ainsi totalement en adéquation avec mon parcours, axé sur l’agroécologie.

Ce stage m’a également permis d’acquérir des connaissances théoriques et pratiques, en particulier sur le frelon à pattes jaunes, et plus globalement sur les différentes problématiques et enjeux auxquels fait face la filière apicole. J’ai notamment beaucoup appris en échangeant avec différents apiculteurs et chercheurs, cela a été très enrichissant.

C’était également une richesse pour moi de découvrir le milieu de la recherche : un espace où les nombreuses compétences observées tant scientifiques qu’humaines m’ont été bénéfiques.

Question 2. Qu’avez-vous étudié (objectif), quel est le principal résultat de vos travaux et comment pensez-vous que cela aidera les apiculteurs sur leur exploitation ?

L’objectif des travaux initiés par l’Itsap et INRAE depuis 2 ans est de développer et d’optimiser la détection de nids de frelons à pattes jaunes via l’utilisation de la radiotélémétrie embarquée sur drone (avec opérateur au sol). Pendant ces quelques mois, j’ai pu comparer deux méthodes de pose de balise émettrice (avec ou sans anesthésie), sur différents lieux de pose, afin d’optimiser la traque des nids.

Les essais sur le terrain sont prometteurs : à ce jour, toutes les traques ont abouti à la découverte d’un nid.

Pour l’étape suivante, des essais utilisant une application de traque sur smartphone sont en cours. J’ai également pu organiser des entretiens et questionnaires auprès de différents acteurs (constructeurs de drones, membres de syndicats apicoles, GDSA…), pour évaluer l’intérêt d’un transfert de technologie de la recherche vers des utilisateurs sur le terrain.

Il apparaît que compte tenu de l’ampleur des dégâts causés par le frelon à pattes jaunes, cette technologie représenterait un gain de temps considérable pour les apiculteurs ou les opérateurs destructeurs de nids dans leur lutte contre ce bioagresseur, tout en limitant l’emploi de méthodes nocives pour la biodiversité.

Photo 1 : Nid de Vespa velutina découvert après une traque

MOUGENOT Maiwenn  : 

étudiante en Master 1 ingénieure à Bordeaux Sciences Agro

Sujet de stage : Analyse technico-économique de l’impact du frelon à pattes jaunes - Vespa velutina- sur les exploitations apicoles françaises

Comment votre sujet de stage s’inscrit-il dans votre cursus et qu’est-ce qu’il vous a apporté pour votre formation universitaire, votre futur parcours professionnel ?

Ce sujet de stage s’inscrit pleinement dans le cadre de mon Master Transition environnementale et développement durable, en abordant une problématique au croisement des enjeux écologiques, économiques et agricoles. Ce travail m’a permis de mobiliser mes connaissances théoriques en ingénierie de l’environnement et en économie agricole, tout en les confrontant à la réalité du terrain. J’ai ainsi pu développer des compétences en menant des enquêtes qualitatives, en traitant des données socio-économiques et en réalisant une analyse systémique d’une problématique complexe. Ce stage a également conforté mon souhait de poursuivre ma carrière dans l’accompagnement des agriculteurs et apiculteurs dans leur transition vers des pratiques plus durables et résilientes face aux enjeux environnementaux.

Qu’avez-vous étudié (objectif), quel est le principal résultat de vos travaux et comment pensez-vous que cela aidera les apiculteurs sur leur exploitation ?

Mon travail a consisté à caractériser et quantifier les impacts technico-économiques du frelon à pattes jaunes (Vespa velutina) sur les exploitations apicoles françaises, ainsi qu’à identifier les adaptations mises en œuvre par les apiculteurs pour y faire face. L’objectif principal était de mesurer le coût économique du frelon à l’échelle nationale, à travers une enquête en ligne et des entretiens approfondis auprès d’apiculteurs professionnels. Les résultats montrent que le frelon représente une charge financière et temporelle importante, avec un coût moyen estimé à 22 € par colonie hivernée chez les apiculteurs possédant plus de 50 colonies. Ces données, issues d’une étude financée par InterApi, visent à appuyer une demande d’indemnisation auprès de l’État, afin de soutenir financièrement les apiculteurs professionnels dans leur lutte contre ce prédateur. À terme, ces résultats pourront contribuer à orienter les politiques publiques et à mieux cibler les dispositifs d’aide au sein de la filière apicole.

BONLIEU-FORTIER Pierre  : 

Etudiant Ingénieur en Agronomie à l’Ecole Supérieure des Agricultures d’Angers

Sujet de stage : Détermination de la toxicité de contaminants retrouvés dans les cires à usage apicole sur les larves d’abeilles domestiques

Question 1. Comment votre sujet de stage s’inscrit-il dans votre cursus et qu’est-ce qu’il vous a apporté pour votre formation universitaire, votre futur parcours professionnel ?

Mon étude au sein de l'Itsap a clôturé la fin de mon parcours d'ingénieure en biologie industrielle. Lors de ces six mois, j'ai pu intégrer un projet de recherche sur une thématique écotoxicologique en adéquation avec la spécialité "Recherche et Application" de mon école (EBI). Grâce à ce stage, le domaine de l'apiculture ainsi que les manipulations in vivo pour des études menées sur les larves d'abeille domestique ont été une réelle découverte.

Question 2. Qu’avez-vous étudié (objectif), quel est le principal résultat de vos travaux et comment pensez-vous que cela aidera les apiculteurs sur leur exploitation ?

L'objectif de ces six mois était de déterminer la toxicité de contaminants, testés lors d’un précédent projet Itsap et retrouvés dans les cires utilisées en apiculture, sur les larves d'abeilles. Avec mes collègues, j’ai participé à générer des valeurs toxicologiques de référence comme la dose ou concentration léthale tuant 50 % des larves (DL50 ou CL50) au cours de leur développement pour des molécules où ces valeurs manquaient. Cette année, le travail a démarré avec trois types de molécules : l’acaricide coumaphos, l’insecticide cyperméthrine et le fongicide chlorothalonile et se poursuivra pour d’autres molécules. Ces valeurs vont pouvoir enrichir les données d'un modèle d’évaluation du risque développé précédemment à l’Itsap, mettant en lien les niveaux de contamination de la cire (évalués via des analyses chimiques) et le risque avec la mortalité du couvain au rucher. Ce modèle permettra à terme d’aider les apiculteurs à caractériser la toxicité d’une cire et à écarter du circuit de recyclage des cires incompatibles avec un usage en apiculture.

Photo 1 : Au rucher : encagement des reines sur un cadre pour avoir des pontes puis des larves de premier stade Photo 2 : Au labo : Greffage des larves de premiers stades dans un dispositif in vitro (plaque de microtitration et cupules)

Photo 3 : Au labo : Détail d’une plaque de microtitration et cupules dans lesquelles se développent les larves d’abeilles

FRANÇOIS Lyssandre  : 

étudiante Master Ingénieure en biologie industrielle à l’école des Bio-Industries (EBI) de Cergy

Sujet de stage : Etude spatio-temporelle et analyse des facteurs de variabilité des niveaux d’infestation en varroas des colonies d’abeilles

Question 1. Comment votre sujet de stage s’inscrit-il dans votre cursus et qu’est-ce qu’il vous a apporté pour votre formation universitaire, votre futur parcours professionnel ?

Ce stage s'inscrit au cœur de mon cursus en ingénierie et science des données, en me permettant de mobiliser un large éventail de compétences théoriques dans un projet concret et à forte valeur ajoutée. Sur le plan technique, il a été l'occasion d'appliquer mes connaissances en développement logiciel (Python, FastAPI), en gestion de bases de données (MongoDB) et en architecture microservices, des compétences clés de ma formation d'ingénieur. Le projet m'a surtout permis de mettre en œuvre l'intégralité du cycle de vie d'un projet de data engineering : de la collecte et la consolidation de données brutes et hétérogènes, à leur nettoyage et enrichissement (géocodage, intégration de données météo), jusqu'à la modélisation prédictive avec des algorithmes de machine learning (Random Forest, XGBoost) et l'évaluation de leurs performances. Pour mon futur parcours professionnel, ce stage représente une expérience fondatrice, démontrant ma capacité à gérer un projet complexe, à traduire une problématique métier (ici la lutte contre le varroa) en une solution technique robuste et à produire des outils d'aide à la décision opérationnels. Il a solidifié mon projet de m'orienter vers des postes d'ingénieur de données ou de data scientist, où je pourrai allier expertise technique et analyse.

Question 2. Qu’avez-vous étudié (objectif), quel est le principal résultat de vos travaux et comment pensez-vous que cela aidera les apiculteurs sur leur exploitation ?

L’objectif de ce stage était de répondre au besoin urgent de centralisation et d’analyse des données sur l’infestation des colonies par le parasite Varroa destructor de différents projets. L’enjeu était donc de concevoir et développer une base de données nationale pour consolider ces données, puis de modéliser les dynamiques spatio-temporelles des infestations.

À ce jour, les travaux réalisés ont permis d’atteindre un jalon majeur du projet : la mise en place complète des outils techniques de centralisation et de structuration des données, comprenant :

• Une base de données centralisée,

• Une API qui permet l’insertion et la gestion des données,

• Et un modèle standardisé assurant la cohérence et la compatibilité des informations collectées.

Ce premier travail constitue un socle indispensable pour obtenir des résultats logiques, fiables et exploitables des dynamiques réelles d’infestation. La phase de modélisation est maintenant lancée. L’objectif est d’obtenir un premier modèle susceptible d’explorer certaines pratiques apicoles. Cet outil permettra ainsi à terme d’anticiper les niveaux d’infestation en Varroa à court ou moyen terme ou le dépassement d’un seuil critique. L’aboutissement de ce travail offrira également aux apiculteurs une cartographie dynamique des niveaux d’infestation en Varroa, leur donnant une idée de la situation de leurs colonies par rapport aux tendances locales et régionales.

Photo 1 : Lavage d’abeilles pour déterminer l’indicateur VP (nombre de varroas phorétiques pour 100 abeilles) **Photo 2 : ** Varroa phorétique sur abeille désailée à cause du DWV (deformed wing virus)

KAMAL Yasser  : 

Ecole Centrale de Casablanca, Maroc

Sujet de stage : La diffusion des jeux sérieux en agriculture : Etude du cas AGAPE : Le jeu pour la concertation entre apiculteurs et agriculteurs

Question 1. Comment votre sujet de stage s’inscrit-il dans votre cursus et qu’est-ce qu’il vous a apporté pour votre formation universitaire, votre futur parcours professionnel ?

Mon alternance au sein de l’Itsap était pour moi une opportunité d’apprendre en dehors du cadre traditionnel de l’école. Grâce à l’outil de concertation entre apiculteurs et agriculteurs « AgApE » j’étais au cœur de leurs problématiques et interactions. J’ai pu appréhender des notions parfois abstraites étudiées en cours de manière beaucoup plus concrète.

De plus, travailler sur un jeu sérieux comme AgApE a renforcé ma conviction dans le pouvoir et la pertinence des outils ludiques pour aborder des sujets complexes. C’est une expérience précieuse qui m’a permis de concilier rigueur scientifique, innovation pédagogique et impact concret – une approche que je souhaite réinvestir dans mes futurs projets, qu’ils soient professionnels ou personnels.

Question 2. Qu’avez-vous étudié (objectif), quel est le principal résultat de vos travaux et comment pensez-vous que cela aidera les apiculteurs sur leur exploitation ?

Mon sujet d’étude était de finaliser un outil et le proposer aux structures de conseil sur la relation agriculteur-apiculteur. A travers un temps de jeu de rôles suivi d’une discussion, les participants prennent conscience du quotidien et des contraintes de leur métiers respectifs. Grâce à de nombreux test du jeu AgApE, j’ai observé les besoins des participants sur cette thématique, pour améliorer le fonctionnement de cet outil et le rendre plus accessible. C’est aussi avec l’aide d’une entreprise Game designer spécialisée dans les jeux sérieux, que notre boite de jeu sera bientôt disponible. En parallèle, les entretiens avec d’autres créateurs de jeux sérieux de la sphère scientifique et technique m’ont permis d’imaginer divers scénarii pour diffuser et valoriser AgApE à une large échelle. Notre but est de toucher à la fois les professionnels des filières apicoles et agricoles pour les accompagner dans leur quotidien et les étudiants en lycée agricole pour les sensibiliser aux problématiques avant leur installation.

THANNEBERGER Agathe  : 

Etudiante en alternance à l’ENSAT, Ecole nationale et supérieure d’agronomie de Toulouse

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