Résultats des essais coordonnés de l’Aluen CAP, médicament contre Varroa sous forme de lanières d’acide oxalique (sans AMM en France)

L’ITSAP-Institut de l’abeille a coordonné plusieurs expérimentations réalisées par les associations de développement de l’apiculture des régions PACA (ADAPI), Occitanie (ADA Occitanie) Nouvelle Aquitaine (ADANA), Auvergne Rhône-Alpes (ADA AURA), et l’ADA Bretagne entre 2015 et 2018. Pour cela l’ITSAP a déposé deux « demandes d’importation et d’utilisation d’un médicament vétérinaire, sans AMM en France, en vue d’expérimentation » à l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV). Les lanières reçues et testées en 2015 ont vu leur formulation évoluer lors du second envoi en 2017. Ce médicament ne dispose pas d’AMM en France, et il n’y est pas distribué. Les résultats d’expérimentation, obtenus dans le cadre de son emploi en France, sont destinés à apporter des éléments pour estimer l’intérêt de ce nouveau médicament.

Conditions d’emploi

La préparation commerciale se présente sous la forme de lanières de cellulose longues de 45 x 3 cm (1,5 mm d’épaisseur) chacune imprégnée d’un mélange de glycérol (20 ml) et d’acide oxalique (10 g). Pour le traitement d’une colonie, chaque Lanière est positionnée de façon à enjamber une tête de cadre et pendre de part et d’autre du cadre, pour être au contact des abeilles présentes dans les inter-cadres. Le traitement consiste à placer quatre lanières pour une ruche de six à dix cadres. À la différence des autres traitements à base d’acide oxalique actuellement disponibles en France, l’Aluen CAP® ne nécessite pas l’absence de couvain pour être efficace contre les varroas présents dans le couvain operculé. Il peut donc être employé sans nécessiter la mise en œuvre de méthodes populationnelles (méthodes permettant une rupture artificielle de couvain).

Effets sur varroas

Les tests réalisés en 2017 et 2018, obtiennent une efficacité  plus de 90 % en moyenne et même plus de 95 % dès la première année d’essais. Environ deux tiers des colonies traitées nécessitent cependant un traitement complémentaire du fait de leur niveau de varroas résiduels supérieur eu seuil communément admis de 50. Une surveillance de la réussite du traitement reste indispensable afin d’envisager la nécessité d’un traitement complémentaire.

Effet sur les colonies

Sur les deux saisons d’expérimentation nous n’avons eu à déplorer que deux colonies en remérage et trois colonies mortes, soit respectivement 2,9 % et 4,3 % des colonies en expérimentation (Tableau 1). Ces phénomènes n’ont pas pu être attribués au traitement Aluen CAP®.

Conclusion synthétique

Nos résultats appuient la pertinence d’un dépôt de dossier d’autorisation de mise sur le marché pour la France ou au niveau Européen. L’ITSAP-Institut de l’abeille et les ADA tiennent leurs résultats à disposition pour appuyer toute démarche dans ce sens.

Des perspectives prometteuses :
. Un niveau d’efficacité de l’ordre de 90 % en moyenne pour la nouvelle formulation
. Une formulation permettant l’emploi d’AO malgré la présence de couvain, sans nécessiter de provoquer une rupture de ponte
. Des risques de résidus réduits d’après la bibliographie : pas de risque d’augmentation de la teneur en AO dans le miel (Maggi et al., 2017 ; Charrière et al., 2020), pas de risque d’accumulation dans la cire

Mais des points à travailler :
. Le soutien d’un dossier d’AMM pour mettre à disposition ce médicament auprès des apiculteurs
. Les possibilités de traitement complémentaire hivernal n’utilisant pas l’acide oxalique pour alterner les substances
. L’existence de bactéries oxalotrophes chez Varroa destructor pouvant entrainer une perte d’efficacité du traitement et la sélection de varroas résistants
. Un risque de rognage des lanières par les abeilles

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Dernière mise à jour

2020-07-01 14:41:08