Lors d’un essai de traitement contre Varroa, l’une des principales contraintes consiste à compter les acariens tombés sur le lange[1]. En effet, lorsque leur nombre dépasse 500, l’opération devient vite fastidieuse et chronophage, ce qui limite le nombre de colonies engagées dans un suivi. Plusieurs méthodes ont été proposées afin de faciliter les comptages : récolte, tri et pesée des acariens (Calderone et Lin, 2003) ou estimation par échantillonnage du lange (Calderone, 1999 ; Ostiguy et Sammataro, 2000).
Estimer
le nombre de varroas par échantillonnage du lange
L’échantillonnage d’Ostiguy consiste à compter un tiers de la surface
d’une grille, placée sur la zone de densité maximale en varroas. La méthode a
été adaptée afin que la grille recouvre la totalité du lange. Cependant, cette
approche laisse apparaître une forte erreur relative
[2]
,
car supérieure à 10 % pour une densité de 200 varroas. L’erreur engendrée
par l’estimation augmente lorsque la densité en varroas diminue : les
faibles densités sont donc très difficiles à estimer.
Pour améliorer ce résultat nous avons développé une nouvelle grille
d’échantillonnage constituée de cercles régulièrement distribués sur le lange.
La comparaison des deux méthodes conclut à une très importante réduction des
erreurs extrêmes avec la méthode des cercles. L’optimisation de
l’échantillonnage par les cercles aboutit à la proposition d’une grille composée de 8 x 6 mailles de 6 cm de
côté au centre desquelles on considère des cercles de 4,5 cm de diamètre. Dans
ce cas, l’erreur obtenue
[3]
est inférieure à 5 % pour des densités de 200 varroas et plus et 80 %
des langes ont une erreur inférieure à 10 %.
L’erreur obtenue lors d’une expérimentation doit ensuite être
évaluée : en effet au cours des différents comptages les densités sur
lange varient en fonction de l’infestation initiale, de l’efficacité du
traitement testé… Le nombre de comptages (donc les occasions de faire une
erreur) dépend aussi du type de traitement testé selon sa durée d’application
[4]
.
La nouvelle grille proposée sera disponible courant 2012 dans les associations
de développement de l’apiculture pour une première mise en œuvre sur le
terrain.
Cette étude a été réalisée par l’ITSAP-Institut
de l’abeille (Émilie Durand et Julien Vallon) en collaboration avec l’INRA
BioSP (André Kretzschmar).
Contact: Julien VALLON, julien.vallon(at)itsap.asso.fr
Bibliographies:
- Calderone N., Lin S., Rapid determination of the numbers of Varroa destructor, a parasitic mite of the honey bee, Apis mellifera, on sticky-board collection devices, Apidologie 34 (2003) 11–17.
- Calderone N., Evaluating subsampling methods for estimating numbers of Varroa jacobsoni mites (Acari: Varroidae) collected on stickyboards, J. Econ. Entomol. 92 (1999) 1057–1061.
- Ostiguy N., Sammataro D., A simplified technique for counting Varroa jacobsoni Oud. on sticky boards, Apidologie 31 (2000) 707–716.
[1]
Le lange est une
plaque amovible couvrant la surface du plancher de la ruche, placée sous un
grillage dans un compartiment à l’abri du nettoyage des abeilles. Il est
destiné à recueillir les acariens qui tombent de la colonie d’abeilles afin de
les dénombrer.
[2]
Rapport entre nombre estimé et nombre initial, en valeur absolue,
exprimé en %
[3]
L’erreur a été
calculée pour un panel de langes en faisant varier la distribution des varroas
sur la longueur, la largeur du lange et l’intercadre, avec des densités allant
de 0 à 1 200 varroas.
[4]
Du fait des débris
pouvant s’accumuler sur le lange, il est conseillé de réaliser au moins un
comptage hebdomadaire.

