Essais coordonnés d’acide formique en traitement contre Varroa (résultats)

L’ITSAP-Institut de l’abeille a coordonné une expérimentation dans plusieurs régions françaises en 2012.

Objectifs

Le but de cette expérimentation était de tester les effets sur Varroa destructor ainsi que sur les colonies d’Apis mellifera de différentes méthodes d’application d’acide formique en traitement de fin de saison.

Description

Quatre modalités d’application d’acide formique différentes ont ainsi été testées : les diffuseurs FAM®, les bandes MAQS®, la diffusion par une éponge imbibée continuellement par une bouteille renversée et la diffusion par plateau (se référer au compte rendu pour plus de détails). Un lot de colonies a également été traité au thymol (Apilife var®) afin de disposer d’un point de comparaison.

Effets sur varroas

Apilife var comparatif acide formique 2012 (c) ITSAP-Institut de l'abeille
Apilife var comparatif acide formique 2012 (c) ITSAP-Institut de l’abeille

 

Les applications d’acide formique par bouteille et plateau, réalisées sur deux ruchers uniquement, ont montré des efficacités très variables sur les varroas. En outre, des échecs de traitements ont souvent eu lieu avec ces méthodes. En revanche, les efficacités obtenues avec les spécialités commerciales (FAM® et MAQS®) se sont révélées très satisfaisantes (90 % en moyenne) et souvent supérieures à celle du traitement Apilife var® (85 % en moyenne).

Quelle que soit la méthode d’emploi d’acide formique considérée, la mortalité des varroas au sein du couvain a été avérée avec une efficacité globalement supérieure à 80 %. L’Apilife var® n’a quant à lui pas eu d’incidence sur les varroas au sein du couvain.

Effet sur les colonies

Concernant l’effet des traitements sur les reines, les lots traités avec MAQS® se distinguent nettement sept jours après l’application avec un quart des colonies présentant des cellules royales et une colonie sur deux en arrêt de ponte. La température semble avoir un lien avec ces phénomènes : 80 % des cas d’élevage de cellules royales concernaient des ruches dont la température moyenne journalière a dépassé 33°C au niveau du diffuseur d’AF durant la première semaine de traitement. Il convient de souligner que des témoignages d’apiculteurs professionnels rapportent également des cas de pertes de reines avec le traitement FAM®.

La diminution des surfaces en couvain a été significativement plus élevée pour les colonies traitées avec les diffuseurs FAM® que pour les colonies traitées avec Apilife var® et MAQS®.

De manière générale, le poids des ruches traitées avec Apilife var® et FAM® a plus diminué que celui des ruches traitées avec MAQS®. Ces résultats confirment que le thymol est une substance qui entraîne une surconsommation des réserves (donc une perte de poids) et laissent supposer que les diffuseurs FAM® ont la même incidence.

Conditions d’emploi

Ni la surface de couvain avant traitement, ni les températures maximales enregistrées à l’extérieur des ruches n’ont montré de conséquences tangibles sur l’efficacité des traitements. Selon ces résultats, l’acide formique peut donc être employé quelle que soit l’étendue du couvain. Si la température n’a visiblement pas d’emprise sur l’efficacité, il a été vu que des températures élevées favorisent la perte de reines. Ainsi les recommandations pour le FAM (dont l’ouverture est à adapter en fonction des températures attendues) sont de traiter le matin lorsque les températures sont encore fraiches. Pour le MAQS, en attendant les recommandations officielles, il est préconisé en Angleterre d’appliquer le traitement entre 10°C et 29.5°C et de ne pas traiter si les températures extérieures attendues dans les 3 jours dépassent 33°C.

Dernière mise à jour

2015-07-02 17:09:23

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