Evaluation monétaire du service rendu par la pollinisation pour l’agriculture française

La valeur monétaire du service de pollinisation des cultures entomophiles pour l’agriculture française représente soit 1,8 milliard d’euros en 2005, d’après les données FAO, ou 2,8 milliards d’euros d’après les statistiques nationales. Cette valeur s’élève à 153 milliards d’euros à l’échelle mondiale En France métropolitaine, le travail réalisé en partenariat entre le laboratoire de Pollinisation et écologie des abeilles et l’ITSAP a été mené pour 9 catégories de cultures entomophiles (fruits, fruits à coques, légumes, oléagineux/protéagineux, semences oléagineuses, semences fourragères et potagères, jardins/potagers et vergers familiaux), pour lesquelles nous comptabilisons 91 espèces végétales différentes.

Mais ces chiffres recouvrent des situations très différentes : un même légume peut en effet être cultivé sous serre ou en plein champ et en fonction de cela, avoir besoin ou non des insectes pollinisateurs. Si l’on tient compte de tous ces éléments, la valeur monétaire du service de pollinisation des cultures oléagineuses (semences) s’élève à 4,7 millions d’euros, à 13,3 millions d’euros pour les cultures légumières (semences) et à 500 millions d’euros pour les cultures des jardins.

L’évaluation monétaire a toutefois ses limites, liées notamment à la disponibilité et à la fiabilité variables des données de production ou de prix. En outre, le coefficient de dépendance reste largement inconnu pour la plupart des cultures, d’autant qu’il est très variable d’une variété à l’autre. Nous savons aussi que certains protocoles utilisés par le passé pour mesurer le coefficient de dépendance étaient déficients (utilisation de cages, d’un échantillon de fleurs plutôt qu’une plante entière, études sur une seule année en cultures pérennes). Enfin, nous avons utilisé un coefficient de dépendance agronomique et non économique. Il ne nous permet donc pas de mesurer la valeur économique de la production obtenue.

D’autres approches sont envisageables : par enquête sur les tarifs de location ou de vente des colonies de bourdons, sur les coûts de remplacement du service de pollinisation pour certaines cultures ou sur l’évaluation contingente (environnement).

Il importe donc d’optimiser l’utilisation des colonies d’abeilles domestiques pour la pollinisation. Les agriculteurs devront ainsi introduire des colonies domestiques, en plus de la faune sauvage, d’autant que l’interaction entre abeilles domestiques et abeilles sauvages peut entraîner une multiplication par cinq de l’efficacité pollinisatrice des abeilles domestiques. Il importe de fonder la pollinisation des cultures entomophiles sur des pratiques culturales (colonies complémentaires) mais également sur le service écologique fourni par la faune sauvage.

Partenariat

ITSAP-Institut de l’abeille, UMT PrADE, Avignon

INRA, Pollinisation et écologie des abeilles, UR 406 Abeilles et Environnement & UMT PrADE, Avignon

Dernière mise à jour

2014-08-07 14:32:33

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